JE PENSE… DONC JE NE SUIS PAS D’ACCORD !

AVEC L’ÂGE L’ENFANT DEVIENT DE PLUS EN PLUS CAPABLE DE FAIRE DE NOUVELLES CHOSES. Il frappe des mains, il marche, il ne saute pas encore mais il court, il commence à vouloir manger tout seul… Autant de choses que l’on encourage à faire et dont nous sommes fiers! Bravo!

Mais, cela veut dire qu’il est aussi capable de plus en plus de faire des choses « interdites », des bêtises et vous vous trouvez de plus en plus à lui dire NON ! On ne touche pas ça, il ne faut pas monter sur la chaise, etc… Et de la même façon qu’il vous demande de lire la même histoire 20 fois de suite, vous vous trouverez à lui dire non 20 fois pour les mêmes « bêtises ».

Ainsi une des premières choses que notre enfant se plait à imiter sans modération c’est justement le mot « non ». Au départ on trouve ça tantôt déstabilisant tantôt mignon… Il faut dire que pour lui c’est tout un univers qui s’ouvre : celui de vouloir et pouvoir décider, refuser, accepter…
Bref s’affirmer. C’est une étape tout à fait normale et même essentielle de son développement. Il commence à comprendre qu’il est un être différencié de son père et de sa mère : il est en pleine construction de son individualité et de son identité. S’affirmer participe donc pleinement du processus de construction de Soi ; il vient mettre une frontière entre soi et autrui. Ce n’est plus seulement ce que papa ou maman veut, mais aussi ce que « Je » veux. « Je pense donc je suis… Pas d’accord » !

MAIS COMMENT L’EXPRIMER ? Et comment en tant que parent faire la différence entre un «caprice» et une «tentative de communication». L’enfant devient de plus en plus capable de faire des choses au niveau moteur, certes, mais le langage n’est pas encore au point. D’un côté, il ne comprend pas tout ce que l’on lui dit, donc on a beau  crier ce n’est pas pour autant qu’il aura compris, et d’un autre côté lui aussi aura beau  crier et ce n’est pas pour autant que nous l’avons compris !

Avant que l’enfant comprenne que ce qu’il est en train de faire est interdit, il peut se sentir frustré et incompris face à l’interdiction que l’on pose, et ce sans savoir comment nous le faire comprendre. Et, là encore, si on a la fâcheuse habitude de lui crier dessus pour se faire comprendre, il le fera aussi.  Comme pour un touriste qui ne parle pas notre langue, ce n’est pas parce qu’on parle plus fort qu’il comprendra mieux.

IL PLEURE QUAND VOUS DITES « NON »
OU QUE C’EST L’HEURE DU BAIN?
Peut être qu’il se sent contrarié mais ce n’est pas forcement un caprice. Et si vous essayiez différentes façons de lui répondre? Par exemple, anticiper l’action pour qu’il se fasse à l’idée au lieu de lui imposer un rythme. Prenez du temps, regardez-le en face, mettez-vous à sa hauteur. Tous ces gestes non-verbaux lui montrent que vous êtes disponible pour lui et que vous faites l’effort de comprendre ce message qu’il essaye de toutes ses forces de vous transmettre. Essayez de vous mettre à sa place et de lui dire qu’effectivement vous avez compris qu’il demande cette barre chocolatée mais que on ne mange pas du chocolat juste avant le repas du soir. Il va peut-être râler à nouveau, mais maintenant pas parce qu’il ne se sent pas compris, mais parce qu’il doit gérer la frustration de ne pas pouvoir manger tout de suite son chocolat. Et il apprendra à la gérer. Ce qui est beaucoup plus facile que d’essayer de gérer son incompréhension et la non considération de soi. Vous aurez alors plus de chances que ce geste ne se répète pas.

AMUSEZ-VOUS ET ENTRAINEZ-VOUS À OBSERVER VOTRE ENFANT pour faciliter cette communication. Dès sa naissance, est-ce qu’il est tendu ou détendu? Comment percevez-vous cela : par sa tonicité corporelle, ses sourires, la posture de ses bras… Et mettez des mots. C’est ce que l’on appelle «l’écoute active»! Quand il tombe ne lui dite pas systématiquement «ce n’est rien » mais plutôt «ah, oui ça fait mal de tomber sur ses genoux», quand il est frustré «oui, je vois que tu es frustré, que tu aimerais que je te prenne en bras… Mais maintenant je ne peux pas»  etc…

Mais surtout, RESTEZ ATTENTIFS À VOS PROPRES RESSENTIS et faites la différence entre ce que vous ressentez et ce qu’il ressent. Ce n’est pas forcement la même chose. Ce n’est pas parce que vous êtes fatigué que lui aussi ; ou que si telle situation vous fait ressentir telle émotion qu’il en va de même pour votre enfant. L’enfant fait beaucoup d’effort pour se faire comprendre, ce qui lui demande beaucoup énergie…
Et comme nous quand il est fatigué, il peut être de mauvaise humeur!
Ainsi le langage et la communication en général permettront à tout le monde d’être serein.

2017-06-28T10:34:07+00:00