COMME MAMAN, COMME PAPA!

On entend souvent qu’en tant que parent, il est important d’être patient, de garder un certain calme et de conserver sa bonne humeur, même quand notre enfant de 2 ans crie, pleure et se roule par terre parce qu’on ne veut pas lui acheter le paquet de bonbon idéalement situé à sa hauteur au passage en caisse au supermarché… Alors bien évidemment on s’énerve tout en restant gêné par le regard des autres et là on repense au conseil que nous avons entendu la veille «ce n’est pas la peine de crier car plus tu crieras plus il criera aussi». Plus facile à dire qu’à faire !

Pourtant, c’est un conseil intéressant, car cette période de développement (18 mois – 3 ans et…) que l’on nomme «période du non», « période d’opposition» ou encore «crise identitaire de la petite enfance» (en référence à celle de l’adolescence, si ce n’est que l’enfant ne possède pas encore toutes les capacités intellectuelles et affectives d’un adolescent), l’enfant apprend et construit ses repères en majeure partie par observation et imitation de son entourage proche, prioritairement : ses parents.

Vous allez vous surprendre à observer votre enfant souffler sur la nourriture en disant à sa façon que c’est chaud («ouf ouf»),  comme vous le faite d’habitude sans même vous en rendre compte ; ou encore quand il prend les clefs de la maison et s’oriente vers la porte en disant «à vo-voir» (au revoir), et de même quand il essaye d’attraper la rambarde de l’escalier pour monter, même si ce n’est pas du tout à sa hauteur !

Cela fait maintenant quelques mois que votre enfant vous observe faire toutes ces choses, avoir les mêmes gestes et attitudes, tous les jours. Vous lui transmettez, sans même le savoir, comment interagir avec son entourage, à travers certains modes de comportements, ou encore comment  communiquer avec les autres. Et maintenant qu’il commence à acquérir certaines habilités motrices, il devient capable de «faire pareil».

En effet, selon Bandura (1986) on peut faire l’hypothèse que les comportements parentaux, dont les pratiques éducatives font partie, sont «un des médiateurs essentiels de l’apprentissage de conduites déviantes ou bien adaptées. Elles s’acquièrent par le biais des processus d’identification, par le jeu de l’imitation et de l’observation des modèles que les parents fournissent à l’enfant ou en fonction des incitations et renforcements qui lui sont directement distribués par les personnes de son entourage. La famille peut être alors considérée comme un lieu d’apprentissage où l’enfant apprend en particulier comment résoudre les situations de conflit social».

Bien évidemment ce sont des enfants et nombre de choses que nous faisons en tant qu’adulte leurs sont tout simplement interdites. Mais parfois au lieu d’insister, de s’énerver, voire de punir car il ne veut pas dire «merci», observons déjà si nous le faisons entre adultes ou avec lui. Demandez vous quel message vous êtes en train de transmettre à votre enfant quand vous lui donnez une tape à main pour lui dire que «on ne tape pas! On ne mord pas les autres!». En clair, on comprend vite pourquoi «fais ce que je dis mais ne fais pas ce que je fais» ne fonctionne pas !

2017-06-28T10:34:03+00:00